







|
|
![]() |
Avec un très faible PIB par habitant, son enclavement et la quasi-absence de ressources naturelles, le Burkina Faso fait partie des pays les moins avancés. Plus de 46% de la population vit aujourd'hui en dessous du seuil de pauvreté, soit deux pour cent de plus qu'en 1994.
Après avoir atteint un niveau record en 2003 (8%), la croissance de l'économie burkinabè a connu, en 2004, un ralentissement (4,8%). Dans un environnement dégradé, cette tendance devrait se confirmer, voire s'amplifier en 2005 (prévision de 3,6% en 2005 et 5 ou 6% en 2006). Compte tenu d'un taux de croissance démograhique élevé, le PIB par tête n'aura ainsi connu qu'une progression très limitée. Le Burkina Faso apparaît donc mal récompensé de ses efforts en matière de bonne gouvernance. Une nouvelle fois, un certain nombre de facteurs exogènes (la pluie, la menace de nouvelles invasions acridiennes, les prix du coton - du fait des subventions américaines - et du pétrole, le taux de change) viennent remettre en cause la croissance économique du pays.
Si sur le court terme l'économie burkinabè a bien résisté à la crise ivoirienne du fait d'abondantes récoltes céréalières et cotonnières, l'impact de cette crise sur l'économie à moyen terme est plus difficile à évaluer. Les opérateurs économiques ont su faire face aux problèmes de transports mais la crise a généré une baisse des transferts financiers, l'afflux de milliers de rapatriés (peut-être 300.000), des pertes d'emploi dans la région ouest et l'accroissement des dépenses sécuritaires de l'Etat. Le pays ne peut se passer de l'aide extérieure pour le financement de ses dépenses courantes comme de ses projets d'investissement. Ses efforts en matière de développement (programme décennal d'éducation de base et désenclavement des régions par le bitumage des routes) et en matière de démocratisation (élections législatives de 2002 non boycottées par l'opposition, décentralisation, liberté d'expression dans la presse, installation d'organes régulateurs impartiaux) lui valent d'être bien noté par les bailleurs de fonds internationaux. Aussi reçoit-il une aide financière annuelle de l'ordre de 500 millions de dollars, ce qui représente la moitié du budget de l'Etat. En outre, les finances publiques vont connaître une embellie avec l'effacement de la dette décidé par le G8, correspondant à un allègement annuel de 25 milliards de FCFA (38 M euros) sur plusieurs années.
Les voies d'un développement économique endogène demeurent cependant étroites : la diversification des recettes d'exportation et la transformation des ressources agricoles du pays apparaissent toujours comme des potentialités virtuelles. Au-delà des concours des bailleurs de fonds, une telle orientation implique certainement l'essor des investissements privés encore trop rares dans ce pays.
La France a consolidé ces dernières années sa place de premier fournisseur du Burkina Faso (30,6% du marché) devant la Côte d'Ivoire. Après avoir fortement progressé entre 2001 et 2003, les exportations françaises vers le Burkina Faso, bien que fortement diversifiées, ont peu évolué en 2004 (2,9% des exportations françaises vers l'Afrique subsaharienne). Toutefois, comme dans le même temps les importations françaises en provenance de ce pays ont continué de diminuer, la balance commerciale s'est fortement déséquilibrée avec un excédent en faveur de la France de plus de 200 millions d'euros.
91 entreprises françaises sont implantées dans le pays et représentent 75 % du stock d'investissements étrangers. Elles occupent souvent le premier rang des secteurs productifs (coton) et du tertiaire (téléphonie, fret terrestre et aérien, grande distribution, carburants). Les intérêts privés français emploient 8.800 personnes. A côté des grands groupes, de nombreux opérateurs français installés à titre personnel au Burkina Faso jouent un rôle significatif dans la plupart des secteurs économiques.
L'importance des implantations françaises au Burkina Faso contraste avec la faiblesse des flux au cours de la période récente. Au cours des dernières années, les nouvelles opérations réalisées par des entreprises françaises ont été peu nombreuses. Le Burkina Faso demeure un marché de très petite taille et il est donc très difficile d'y attirer de nouveaux opérateurs.
Massebiau - 12100 Millau - Téléphone : 05 65 60 50 86 - E-mail : infos@les-fruits-du-baobab.org